La retraite, un sujet auquel on pense bien souvent quand il est ... trop tard ! C'est une banalité certes, mais la retraite, ça se prépare. Pour se renseigner sur le calcul de la retraite, sur la pension de retraite (combien ? quand ?), sur les différentes caisses de retraite, les solutions de complémentaire retraite etc...

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mardi 16 février 2010

Pas de front uni pour la retraite à 60 ans




On peut dire que l'appel d'Olivier Besancenot n'a pas suscité un enthousiasme gigantesque au sein de la gauche ... Et c'est rien de le dire.
Réagissant au lancement du sommet social de l'Elysée, M. Besancenot a lancé dimanche sur Europe 1 un appel aux forces de gauche pour faire front commun sur la retraite à 60 ans. L'appel a suscité un écho modéré de la part des forces de gauche en question, le PS déclinant la proposition : «le temps est à la mobilisation sociale et donc à l'action syndicale, temporise Hamon. En temps et en heure, quand se posera la question de l'unité des forces de gauche, nous y répondrons.» Cécile Duflot n'est pas plus convaincue, une «réunion, pour quoi faire? Il faut qu'on propose quelque chose, ne pas être juste dans le défensif», déclarait-elle sur BFM, en ajoutant qu'elle n'était pas contre un allongement de la durée de cotisation à 61 ou 62 ans.
Cela ne l'empêchera pas de qualifier dès le lendemain le sommet social "d'escroquerie absolue". Mélenchon approuve l'idée pour aussitôt la noyer dans l'oeuf, arguant qu'il ne faudrait pas "entraver l'action des syndicats".
Bref, en proie à des tourments métaphysiques sur la tenue vestimentaire de certains(es) de ses candidats(es), Olivier Besancenot n'a pas encore trouvé la potion magique de l'union de la gauche. Et bien malin qui prétend la trouver !

lundi 15 février 2010

Sommet social à l'Elysée, une "escroquerie absolue" selon Duflot

cecile duflot


AFP - "Le débat sur les retraites, engagé aujourd'hui à l'Elysée par Nicolas Sarkozy avec les partenaires sociaux, "constitue une escroquerie absolue", a affirmé à Florange (Moselle) la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot.

"Centrer ce débat sur l'âge du départ (à la retraite, ndlr) et l'allongement de la durée des cotisations, comme essaient de le faire le président de la République et le gouvernement, est pervers", a jugé Cécile Duflot, venue soutenir en Moselle la liste Europe Ecologie aux prochaines élections régionales. "Il constitue une escroquerie absolue parce qu'il n'y est fait aucune référence au chômage et aux modes de financement" des régimes de retraites, a-t-elle ajouté devant des journalistes."

Au delà de l'opportunisme de ce type de déclaration en pleine campagne électorale, et si on dépasse l'utilisation outrancière "d'escroquerie absolue" pour définir un débat nécessaire, il reste que Cécile Duflot pose une question essentielle. La place du chômage ! En effet, on peut prendre le débat sous toutes ses formes, les propositions actuelles du gouvernement ont quelque chose de fataliste en ce qu'elles se basent sur un taux de chômage élevé, pour les 10 (20) prochaines années.
Cela signifie-t-il que, malgré les grands discours sur le plein-emploi, le gouvernement considère que le chômage est une donnée pérenne de notre système économique ?
C'est une vraie question malheureusement peu traitée.
Si on fait le bilan gauche droite sur le sujet, on a peu ou prou deux types de discours :
- un discours de droite "sarko" qui sous entend que les chômeurs devraient se bouger un peu plus pour retrouver du travail, et que le taux de chômage baissera si on contrôle mieux les chômeurs et si on les force à accepter un emploi au bout de X propositions
- un discours de gauche "archéo" qui prétend qu'en augmentant le pouvoir d'achat on va créer de la demande et résoudre le pbl de l'emploi.

Personne ne pose vraiment la question de savoir qui a intérêt à maintenir un taux de chômage élevé ?
Et personne ne propose vraiment de plan concret pour réduire le chômage, à l'instar des investissements faits en France pendant les 30 glorieuses, à l'instar du new deal de roosvelt ou plus récemment du plan Obama et du plan des chinois pour maintenir l'activité.
On le sait, pour créer des emplois il faut investir, et investir massivement dans des secteurs d'avenir. C'est le cas des grands plans d'infrastructure du siècle dernier.
De quelles infrastructures a-t-on le plus besoin aujourd'hui ??
Répondre à cette question, c'est faire un premier pas vers le plein emploi.

Sommet social à l'Elysée - avenir des retraites





"La réforme des retraites est trop importante pour qu'elle ne soit pas conduite de manière concertée, ouverte et sur la base d'un diagnostic partagé", a déclaré le président de la République, lundi 15 février, à l'ouverture du sommet social qu'il avait convoqué à l'Elysée.

On ne saurait contredire le président de la République sur un tel propos. Reste néanmoins qu'il va falloir accorder des intérêts très divergents et faire preuve d'une sacrée persévérance pour arriver à conduire cette "(...) réforme (...) de manière concertée, ouverte et sur la base d'un diagnostic partagé."

D'abord le diagnostic, sur la méthode, c'est effectivement sur la base d'un diagnostic partagé qu'il faudrait idéalement partir. En effet si tout le monde est a peu près d'accord pour dire qu'il faut réformer les retraites, il est moins qu'évident de trouver un diagnostic "partagé".

Ce sur quoi tout le monde est d'accord : "il faut réformer les retraites"
Mais encore ?

Quels sont les pistes favorites du gouvernement ?
L'allongement de la durée de cotisation (160 trimestres actuellement) et la remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite, fixé à 60 ans depuis 1983.

Quels sont les arguments du gouvernement ?
L'allongement de la durée de l'espérance de vie, aujourd'hui une retraite versée sur 10 ne serait pas financée par les cotisations, ce qui mettrait en péril la fondation de notre système de retraite, la retraite par répartition du régime général cf le post retraite de base.
Sans réforme, selon l'Elysée, cette proportion de retraites non financées passera dans 10 ans à une retraite sur 8 !

Que disent les syndicats ?
Qu'il faut des nouvelles ressources, ils sont d'accord avec le constat que les retraites doivent trouver un système de financement plus pérenne.
Mais ils ne sont pas d'accord avec les pistes de financement privilégiées du gouvernement (allongement de la durée de cotisation et relèvement de l'âge légal). Selon eux la solution la plus juste est d'augmenter les montants des cotisations. Ce qui fait évidemment hurler le patronat français, se considérant comme un des patronats les plus malheureux du monde, trop taxé.

Chaque camp fourbit ses armes et affûte ses arguments en vue d'un débat (qui risque de tourner à l'épreuve de force ...) qui est programmé pour durer longtemps. Le COR (conseil d'orientation sur les retraites) rendra un rapport attendu en Avril, qui donnera le coup d'envoi des discussions entre le ministre du budget et les partenaires sociaux.

Pour donner du poids à son engagement, Nicolas Sarkozy a déclaré ce matin "en tout état de cause, la réforme ne sera pas adoptée par le Parlement en juillet. Je veux un débat approfondi… qui prendra le temps qu'il faut."

A suivre ...